Destin d’un poilu haut-garonnais : Baptiste Jean-Marie Couzy (27 avril 1874-24 octobre 1918).

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Niveaux

Photos de la famille du poilu  Couzy

  • Collège (classe de 3e) et lycée (classe de première).
  • Objectif : faire découvrir comment, à l’époque, la guerre de 1914-1918 a pu être vécue et ressentie par les combattants en prenant l’exemple du soldat Couzy.
  • Angles de traitement possibles : suivre l’itinéraire et retracer l’histoire familiale d’un combattant de 14-18, issu de la « France profonde » encore majoritairement rurale.

Documents d'archives
Les documents utilisés sont :

  • les archives de la famille Couzy cotées 150 J
  • le registre matricule 11 R 213,
  • le registre d’état civil 4 E 8312.

Qui était Baptiste Jean-Marie Couzy ?

Baptiste Jean-Marie Couzy est né le 27 avril 1874 à Caragoudes (canton de Caraman, Haute-Garonne), d’une famille de propriétaires terriens (son père, Blaise, étant par ailleurs cabaretier « ayant billard à Mercadal »). Lui-même va être qualifié de « propriétaire » dans les actes d’état civil ; autrement dit, il cultive sa propre terre. Comme beaucoup d’autres dans cette France encore majoritairement rurale de la fin du XIXe siècle-début XXe siècle.
Sont notamment conservés aux Archives départementales de la Haute-Garonne son livret militaire et le registre matricule où il est inscrit, documents qui permettent de retracer son parcours sous les drapeaux. Est conservée également une petite boîte, don de la famille, dans laquelle sont regroupées les affaires qu’il avait sur lui au moment de son décès, ainsi qu’un diplôme posthume de « mort pour la France ».

Composition réalisée à partir des photographies de la famille Couzy. On distingue de haut en bas et de gauche à droite les personnages suivants : Marie-Jeanne Couzy, fille du soldat ; Irma Roquelaine enfant, femme du soldat, que l’on retrouve en bas à gauche en robe noire ; le cortège lors du mariage du frère du soldat (photographie des mariés au centre de la composition) ; la propriété rurale de Mercadal (Caragoudes) et les moissons. AD HG, 150 J.
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Objets personnels du poilu Couzy. AD HG, 150 J.
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Diplôme posthume de « mort pour la France », 24 octobre 1918. AD HG, 150 J.
Décès de Baptiste Jean-Marie Couzy, le 24 octobre 1918 à Cugny (département de l’Aisne). ADHG, 4 E 8312.

L’histoire du soldat

Baptiste Couzy, alors âgé de 21 ans, est incorporé au 29e régiment de dragons, en garnison à Montauban (Tarn-et-Garonne), le 14 novembre 1895. Il sert donc dans la cavalerie. Il est libéré de ses obligations militaires le 26 septembre 1898, soit presque trois ans de service, resté simple soldat « dragon de 2ème classe » et muni d’un « certificat de bonne conduite ».
Rentré dans ses foyers mais placé dans la réserve, il va effectuer dans les années qui suivent quelques périodes de réserviste au 17e escadron du train des équipages à Montauban. On a le détail : du 2 au 29 septembre 1901 (28 jours), du 21 novembre au 18 décembre 1904 (28 jours), du 14 au 22 novembre 1910 (9 jours). L’arme du train sert au transport de troupes ou de matériel et sert également de liaison entre unités combattantes. À cette époque, le transport se fait d’abord par traction animale (attelages de chevaux).
            Les documents ne précisent pas sa situation familiale. On sait cependant que dans les effets retrouvés sur lui au moment de son décès il y avait un portefeuille contenant plusieurs photos. Une recherche complémentaire dans l’état civil et le fonds des hypothèques permet de préciser un peu la chose : il s’est marié le 18 novembre 1902 avec Irma-Jeanne Roquelaine, toulousaine de sept ans sa cadette. De ce mariage nait une fille, Marie-Jeanne (7 juin 1904).

Irma Roquelaine et Marie-Jeanne Couzy, fille du poilu. ADHG, 150 J.
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verso de la carte présentant Irma Roquelaine et Marie-Jeanne Couzy, fille du poilu. ADHG, 150 J.
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Quand éclate la Grande Guerre, Baptiste Couzy a déjà quarante ans. Il ne part pas immédiatement mais deux mois après le début des affrontements, mobilisé le 27 octobre 1914, affecté trois jours plus tard au régiment d’infanterie de Montauban.
Les documents sont muets sur ses campagnes durant les trois premières années du conflit. Où combat-il ? À quels engagements participe-t-il ?

Une série de cartes postales envoyées à sa famille (notamment à sa fille) permettent d’en savoir un peu plus. En juin 1915 il est dans la Meuse, probablement cantonné au sud de Verdun (ce que laissent à penser les envois d’une carte postale du fort de Troyon et du lieu de pèlerinage de Benoite-Vaux). Les autres photographies, imprimées au format carte postale, le montrent en compagnie d’autres combattants, mais ne comportent pas d’indication de lieu. Une carte de la Lorraine retrouvée dans ses affaires confirme qu’il y a évolué, avant de se retrouver en Picardie.

Carte postale datée du 24 juin 1915. Fontaine Notre-Dame de Benoitevaux (Meuse), recto. ADHG, 150 J 1.
Carte postale datée du 24 juin 1915. Fontaine Notre-Dame de Benoitevaux (Meuse), verso. ADHG, 150 J 1.

Carte postale datée du 1er août 1918. Pont de Meaux (région parisienne). ADHG, 150 J 1.
Carte postale datée du 1er août 1918. Pont de Meaux (région parisienne). ADHG, 150 J 1.

Carte postale sans date. Bombardement du fort de Troyon (sud de Verdun) du 8 septembre 1914, recto. ADHG, 150 J 1.
Carte postale sans date. Bombardement du fort de Troyon (sud de Verdun) du 8 septembre 1914, verso. ADHG, 150 J 1.

Carte postale datée du 11 avril (année non précisée). Couzy est peut-être le 4° soldat en partant de la gauche, dernier rang. ADHG, 150 J 1.
Verso de la carte postale datée du 11 avril (année non précisée) où Couzy est peut-être le 4° soldat en partant de la gauche, dernier rang. ADHG, 150 J 1.

 
Carte postale datée du 17 mai 1916 adressée par Couzy à sa famille. Couzy est au centre. ADHG, 150 J 1.
 
Carte postale sans date. Couzy est au fond à droite. ADHG, 150 J 1.
 

À partir de son affectation en tant que conducteur au 1er escadron du train, le 10 septembre 1917, on en apprend davantage. Baptiste Couzy a fait l’objet d’une citation (20 mars 1918) : « conducteur brave et courageux, a fait preuve de sang-froid et d’énergie en plusieurs circonstances et notamment le 18 janvier [1918] en n’abandonnant pas son attelage sous un violent bombardement ». Il a été décoré de la Croix de Guerre (médaille frappée en circonstance exceptionnelle – la guerre – pour honorer les combattants s’étant distingués au front).

Extrait de la fiche matricule du soldat Couzy. AD HG, 11 R 213.
 

Baptiste Couzy a traversé pratiquement toute la guerre. Son livret militaire mentionne quelques permissions : s’il ne bénéficie de rien en 1914 ni en 1915, il s’en voit accorder une de « détente » en 1916 (sept jours), quatre en 1917 (dont deux « agricoles », la famille cultivant la terre), une de « détente » en 1918 (est-ce à cette occasion qu’il envoie une carte postale de Meaux à sa fille ?).
Malheureusement, les conditions de vie du soldat n’ont rien de confortable. Outre les balles et les bombes, les maladies contractées sur le front fauchent également des vies. Baptiste Couzy va être victime d’une congestion pulmonaire qui l’emporte le 24 octobre 1918, à l’âge de 44 ans. Il décède dans l’ambulance (hôpital de campagne) installée dans le secteur du village picard de Cugny (Aisne, au sud-ouest de Saint-Quentin). Témoins venus signer l’acte de décès de l’état civil de Cugny : le sergent Dudézert et le soldat Allegret, infirmiers militaires.

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