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La Première Guerre mondiale vue de Castanet-Tolosan

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Niveaux

Groupe de soldats blessés : Saint-Gaudens
Hôpital temporaire de Saint-Gaudens, groupe de soldats blessés. ADHG 26 FI artillerie 3.
  • Collège : 3e.
  • Lycée : 1ere.

Documents d'archives

  • Registre des délibérations du conseil municipal de Castanet-Tolosan, 1896-1938. ADHG 2 E 4149.
  • Dossier concernant le monument aux morts de Castanet-Tolosan, 1918-1928. ADHG 2, O 94/3.

Pistes d'exploitation

manœuvre de l'artillerie française
Scène de manœuvre de l'artillerie française. Introduction d'un obus. Sur l'affût du canon de 75 l'inscription " 16e corps, 9e régiment, 7e bataillon" nous indique qu'il s'agit de la 16e brigade de Castres. ADHG 26 FI artillerie 40.
Les deux documents, relatifs à la commune de Castanet (aujourd'hui Castanet-Tolosan, située au sud-est de Toulouse), témoignent de la vision de la Grande Guerre par une municipalité soucieuse du sort de ses enfants partis au combat et voulant participer à l'effort national. La guerre perturbe la vie quotidienne et va marquer les esprits.

Trois thèmes peuvent être abordés à partir des deux documents :

  • Le suivi de la guerre et l'assistance aux soldats,
  • la vie quotidienne,
  • la mémoire de la guerre.

Le suivi de la guerre et l'assistance aux soldats


« Mobilisation générale et mesures de salut public » (5 août 1914)

mobilisation générale
Délibération du conseil municipal du 5 août 1914 : mobilisation générale et mesures de salut public. ADHG, 2 E 4149.
Le procès-verbal qui fait écho à la déclaration de guerre est rédigé d'un ton solennel et patriotique, avec emphase et sans nuance. « Toute la France s'est levée, comme en 1793, contre les hordes ennemies. Comme nos immortels aïeux de la Révolution, les Français iront, l'éclair du droit et de la justice dans les yeux, repousser les sauvages envahisseurs ». La confiance règne et le poids des nationalismes est bien présent : le discours du maire rappelle que la Russie et l'Angleterre, qui forment la Triple-Entente avec la France, sont « prêtes à foncer avec nous sur les fauteurs de guerre » ; le responsable de la situation, c'est uniquement l'ennemi. Le moment est à l'optimisme (« la victoire sera, cette fois, avec nous »). Et de rappeler que « l'heure de la Revanche a sonné », ce qui souligne combien la défaite de 1871 et la perte des trois départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle avaient marqué les esprits.

Secours aux blessés (11 septembre 1914)

secours aux blessés
Délibération du conseil municipal du 11 septembre 1914 en faveur des secours aux blessés. ADHG, 2 E 4149.
Dans la séance du 11 septembre 1914, le conseil municipal vote à l'unanimité une « somme destinée à secourir les blessés qui sont, hélas ! très nombreux ». Dès les premiers engagements, la guerre ne semble plus aussi courte et joyeuse qu'on l'avait cru ...

« Noël du soldat» (8 décembre 1914)

envoi de 80 colis pour Noël aux soldats de Castanet
Délibération du conseil municipal du 8 décembre 1914 : envoi de 80 colis pour Noël aux soldats de Castanet. ADHG, 2 E 4149.
Le procès-verbal de la délibération du 8 décembre 1914 nous apprend que « près de cent enfants de Castanet [en fait 80, si on en croit la mention en marge] sont sur le front, échelonnés de la Mer [du Nord] aux Vosges » et doivent faire face à des conditions difficiles. Ils évoluent « malgré une température rigoureuse, dans la boue des tranchées, dans la neige des monts ». Il y avait dans la commune 808 habitants recensés en 1914.
Ce texte vient en contrepoint de l'optimisme de l'été 1914, quand il se disait à l'époque que les soldats seraient rentrés avant Noël. Manifestement, cela ne va pas être le cas et la commune prend la décision d'envoyer « 80 colis aux soldats de Castanet » proposés par une célèbre conserverie. Chaque colis contient des produits alimentaires : « vins, liqueur, beurre, pâté, gâteaux, etc. » afin d'améliorer l'ordinaire et donc de remonter le moral de ceux qui vont passer Noël au front.

Hôpitaux russes (4 mars 1917)

Aide aux soldats français hospitalisés en Russie
Délibération du conseil municipal du 4 mars 1917 en faveur des soldats français hospitalisés en Russie. ADHG, 2 E 4149.
Le procès-verbal de la session du 4 mars 1917 rapporte brièvement le vote à titre de solidarité d'une « subvention aux soldats français malades et soignés dans les hôpitaux de nos chers alliés les Russes », sans autre précision (ni de lieu, ni de circonstance, ni de destinataires précis). Le conseil municipal ne réserve pas cette aide aux soldats issus de la commune. Il est donc mentionné que des soldats français combattaient aux côtés de soldats russes, sur les fronts orientaux.
Une révolution vient d'éclater en Russie, le pourvoir du tsar est fortement contesté, ce qui a des conséquences sur le front. La situation va aller en s'aggravant dans les jours suivants (abdication de Nicolas II le 15 mars 1917 du calendrier grégorien, soit le 2 mars 1917 du calendrier julien en vigueur en Russie).

Armistice (17 novembre 1918)

Hommage rendu aux blessés et aux morts tombés durant la guerre
Hommage rendu aux blessés et aux morts tombés durant la guerre. ADHG, 2 E 4149.
Le ton du compte-rendu de la session du conseil municipal du 17 novembre 1918 est tout à la victoire et rend hommage aux blessés et morts tombés durant « la plus vaste tuerie que la terre effarée ait jamais vue ». Aucun regard critique n'est porté sur les défaillances du commandement, le « limogeage » d'officiers supérieurs, ni aucune mention des mutineries de 1917. Est évoqué le retrait russe, qualifié d'« acte innommable de lâchage », sans qu'il y ait d'interrogation sur le pourquoi de la révolution dans ce pays.

La vie quotidienne pendant la guerre

Soutenir les familles des mobilisés et assurer les récoltes

Délibération du conseil municipal du 5 août 1914 en faveur de l'aide aux familles des mobilisés, à l'organisation des récoltes. ADHG 2 E 4149. Vue 1 sur 2
 
Délibération du conseil municipal du 5 août 1914 en faveur de l'aide aux familles des mobilisés, à l'organisation des récoltes. ADHG 2 E 4149. Vue 2 sur 2

Le compte-rendu de la séance du 5 août 1914 précise que des fonds destinés au bureau de bienfaisance et à l'hospice ainsi que les crédits prévus pour la construction de la halle sont réaffectés « à des distributions de secours aux besoins les plus urgents », notamment en permettant aux plus nécessiteux d'avoir du pain, alimentation de base. « Il faut à tout prix que les familles des journaliers, privées de leur unique soutien, aient du pain à manger » précise le texte. Le soutien en espèces est indispensable car le crédit, souvent pratiqué par les boulangers, n'est plus de mise en ces circonstances. Par ailleurs, il est indiqué que le maire va demander au préfet un sursis au départ de deux boulangers mobilisés, le troisième restant ne pouvant suffire à faire du pain pour tout le monde. Le compte-rendu de la séance du 14 mars 1915, où il est question de « boulangers » au pluriel, semble indiquer qu'il a obtenu gain de cause.
Le document souligne brièvement un aspect de la vie quotidienne que la guerre va consacrer : le rôle des femmes. En l'absence des hommes, c'est d'abord sur elles que va reposer la production agricole et industrielle. Le document indique qu'à côté de l'affichage de l'appel « aux femmes françaises » de René Viviani (président du Conseil à l'époque), le maire a fait afficher sa proclamation concernant des « mesures à prendre pour effectuer la rentrée des récoltes et la préparation des récoltes futures ». Exhortation patriotique qui, à l'échelle de cette commune, reflète l'union sacrée proclamée au niveau national.

Farine canadienne (14 mars 1915)

farines canadiennes pour faire face à la pénurie
Mise à disposition d'un stock de farines canadiennes pour faire face à la pénurie de farine, 14 mars 1915. ADHG, 2 E 4149.
La guerre a désorganisé la production agricole à l'échelle nationale, si bien qu'il est nécessaire d'importer de la farine pour pouvoir assurer le pain de la population. Il est ici question de l'opportunité d'acquérir de la farine canadienne à un prix semble-t-il intéressant. Le maire demande l'avis des boulangers du village.

Mise en culture de terrains improductifs (4 mars 1917)

élevage d'animaux de basse cour par les écoliers de Castanet
Projet de mise en culture de terrains et d'élevage d'animaux de basse cour par les écoliers de Castanet, 4 mars 1917. ADHG, 2 E 4149.
Le conflit dure depuis deux ans et demi, on est en pleine guerre d'usure, tandis que « le rendement du sol français a considérablement diminué » ainsi que le rappelle une circulaire du préfet de la Haute-Garonne demandant que tout soit mis en œuvre pour pallier ces défaillances et éviter un trop grand recours aux importations. Le maire demande donc que les élèves des écoles participent à cet effort, encadrés par leurs maîtres et avec le soutien de la municipalité (choix de terrains, aide matérielle, achat de lapins, participation du cantonnier…).

Changement de nom de la commune (31 août 1918)

Session ordinaire du 31 août 1918 ayant pour objet le changement de nom de Castanet. ADHG 2 E 4149. Vue 1 sur 2
 
Session ordinaire du 31 août 1918 ayant pour objet le changement de nom de Castanet. ADHG 2 E 4149. Vue 2 sur 2

Conséquence indirecte de la guerre, la commune de Castanet demande à préciser son nom pour être désormais appelée « Castanet-Tolosan », de façon à éviter les nombreuses confusions faites avec une autre commune appelée Castanet, sise dans le Tarn-et-Garonne. C'était une source de confusions préjudiciables aux deux communes : les communications de l'autorité militaire, dont la transmission d'avis de décès, de disparitions, des recherches concernant des soldats ou leurs familles « nous arrivaient que nous devions renvoyer avec cet invariable motif : inconnu à Castanet Haute-Garonne, voir Castanet Tarn-et-Garonne».


La mémoire de la Grande Guerre

Marquage commémoratif (17 novembre 1918)



Proposition en faveur du changement de nom de certaines rues à la mémoire des soldats de Castanet morts pour le France. ADHG 2 E 4149. Vue 1 sur 2
 
Proposition en faveur du changement de nom de certaines rues à la mémoire des soldats de Castanet morts pour le France. ADHG 2 E 4149. Vue 2 sur 2
 

Proposition d'une plaque de rue, repérages divers dans la commune : la délibération souligne le souci de marquer le paysage urbain en honorant les enfants de Castanet tombés durant le conflit.

Monument aux morts

Adoption par le conseil municipal du projet du monument aux morts
Adoption par le conseil municipal du projet du monument aux morts, le 14 mars 1915. ADHG, 2 E 4149.
Dès la séance du 14 mars 1915 est débattue l'idée d' « ériger, dans le jardin public, un monument commémoratif de la Défense nationale afin d'honorer les enfants de Castanet morts au champ d'honneur ainsi que les grands blessés », idée unanimement approuvée. D'ores et déjà il est question de rappeler « ce qu'ont fait nos héros, les valeureux soldats de la République, pour assurer à leurs descendants une longue paix et ses multiples bienfaits ».
Comme en filigrane, on comprend que la guerre est dure et a pris une ampleur insoupçonnée ; l'issue en est encore incertaine, mais la confiance en la victoire demeure.

élévation d'un monument aux morts à la mémoire des enfants de Castanet morts pour la patrie
Extrait de la délibération du 18 juin 1915 confirmant l'élévation d'un monument aux morts à la mémoire des enfants de Castanet morts pour la patrie. ADHG, 2 E 4149.
Trois mois après l'approbation de l'idée d'un monument aux morts, la délibération du 18 juin 1915 confirme la construction d'un monument une fois la guerre terminée, en l'honneur des enfants de Castanet tombés durant « une lutte gigantesque, telle que jamais on n'en vit sous le soleil ». Quelques noms sont cités. Le regard porté sur l'ennemi est encore manichéen.

Face principale du monument aux morts de Castanet-Tolosan, 20 mai 1920. ADHG, O 94/3. Vue 1 sur 5.
Emplacement du monument aux morts de Castanet-Tolosan, 20 mai 1920. ADHG, O 94/3. Vue 2 sur 5.
Soumission du projet du monument aux morts de Castanet-Tolosan, 20 mai 1920. ADHG, O 94/3. Vue 3 sur 5.
Devis estimatif du monument aux morts de Castanet-Tolosan, 20 mai 1920. ADHG, O 94/3. Vue 4 sur 5.
Devis estimatif du monument aux morts de Castanet-Tolosan, 20 mai 1920. ADHG, O 94/3. Vue 5 sur 5.
Les divers documents montrent l'évolution du projet et sa concrétisation : confrontation de devis, choix du sujet et des matériaux, grille d'enceinte...

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