Le calendrier révolutionnaire

Fichiers images a décompresserTélécharger le dossier complet (62 Mo)

Niveaux

jours et mois de Germinal />
Détail des jours du mois de Germinal. ADHG 1 L 330 pièce 13 p. 38-39.
  • École primaire : CM2 . La Révolution française et le XIXe siècle.
  • Collège : 4e : La Révolution et l'Empire.
  • Lycée : 2nde générale et technologique. Révolutions, libertés, nations (fin XVIIIe-milieu XIXe).

Objectif :

Comment et pourquoi les révolutionnaires construisent un nouveau modèle politique, économique, social et culturel.
Public concerné : CM2, 4e, 2nde

Documents d'archives

Le document provient de la série L qui rassemble les archives de la période révolutionnaire. Il s’agit du décret de la convention nationale du 4 frimaire de l’an II instaurant le calendrier révolutionnaire. ADHG, 1 L 330 pièce 16.

  • Instruction sur l’ère de la République et sur la division de l’année, première partie « les motifs qui ont déterminé le décret ». ADHG, 1 L 330 pièce 16 p. 6-9.
  • Décret de la convention nationale du 4 frimaire de l’an II, détail de l’article IX : liste des mois, classés par saisons. ADHG, 1 L 330 pièce 16 p. 3.
  • Annuaire ou calendrier pour la seconde année de la République française : détail des jours du mois de germinal. ADHG, 1 L 330 pièce 16 p. 38-39.
  • Table de concordance entre le calendrier grégorien et le calendrier révolutionnaire pour les années 1793 et 1794. ADHG, 1 L 330 pièce 16 p. 55.

Chronologie

  • 20 juin 1789 : serment du Jeu de paume
  • 14 juillet 1789 : prise de la Bastille
  • 4 août 1789 : abolition des privilèges
  • 26 août 1789 : déclaration des droits de l’homme et du citoyen
  • 14 juillet 1790 : fête de la Fédération
  • 10 août 1792 : abolition de la royauté
  • 21 janvier 1793 : exécution de Louis XVI
  • 1793 - 1794 : Terreur
  • 9 novembre 1799 : coup d’Etat du 18 Brumaire
  • 2 décembre 1804 : sacre de Napoléon

Petite histoire de notre calendrier

Le mot calendrier vient de « calendes » ou « kalendes », qui désigne le premier jour du mois chez les romains.
Il sert à se situer dans le temps. De tout temps, les civilisations ont pris des points de repères naturels pour créer leur calendrier, notamment le soleil et la lune.

Calendrier julien (calendrier de Jules César)

L’astronome grec Sosigène d’Alexandrie, sollicité par Jules César (général romain, -101 à -44) pour réorganiser le calendrier, divisa l’année en onze mois de 30 et de 31 jours, plus le mois de février comptant 28 jours. Connaissant la durée d’une année, 365 jours + ¼, Sosigène proposa d’ajouter un jour tous les 4 ans au mois de février. Ces années seront dites « bissextiles ». Ce calendrier entre en application au premier jour de janvier de l’an 45 avant notre ère, année appelée « année du désordre » puisqu’elle dura 445 jours.
Dans ce calendrier, les mois de 30 et de 31 jours alternaient tout au long de l’année. En l’an 8 de notre ère, pour écarter toutes jalousies, le sénat romain modifia cet ordre afin que le mois d’Auguste (août) ait autant de jours que celui de Jules [César] (juillet).
Sous les Romains, l’année commençait le 1er janvier. Les chrétiens préfèrent commencer l’année par une date commémorant la vie du Christ, soit sa naissance (25 décembre), soit l’Annonciation (25 mars), soit Pâques (la difficulté dans ce dernier cas étant qu’il s’agit d’une fête mobile variant entre le 22 mars et le 25 avril). Pendant tout le Moyen Âge, le commencement de l’année varie d’une ville ou d’une région à l’autre.
Il faut attendre Charles IX, qui par l’article 39 de l’Édit de Paris (janvier 1563-1564), fixe au 1er janvier le commencement de l’année. Le Parlement de Toulouse l’enregistre dès 1564 et commence l’année le 1er janvier 1565.

Le calendrier grégorien

Le calendrier julien, en vigueur durant tout le Moyen Âge, est fondé sur l’idée que la terre fait le tour du soleil en 365 jours ¼. Dès le XIIIe siècle, les astronomes s’aperçurent qu’en fait cette durée était un peu plus courte de 11 minutes. De fait, en ajoutant systématiquement une journée tous les quatre ans, le calendrier officiel avait fini par se décaler d’environ 10 jours par rapport au calendrier solaire vrai. Ainsi, en 1582, le pape Grégoire XIII (d’où le nom de calendrier grégorien) décide la réforme du calendrier. Le lendemain du 4 octobre va être le 15 octobre. Cette réforme est appliquée en France avec deux mois de retard : le lendemain du 9 décembre est le 20 décembre 1582.
Cette réforme supprime trois années bissextiles tous les 400 ans : les années 1700, 1800, 1900, 2100, 2200, 2300 … ne sont plus bissextiles alors que 1600, 2000, 2400 le restent.
L’application de cette réforme se fait de façon très progressive en Europe (elle n’est toujours pas reconnue par l’Eglise orthodoxe russe, par exemple, et le poids des habitudes reste. Ainsi, l’étude de la révolution en Russie implique de faire attention à la concordance : les événements « d’octobre » 1917 relatifs à la prise du pouvoir par les bolcheviks ont lieu début novembre selon le calendrier grégorien).

Le calendrier républicain ou révolutionnaire

Exposé des motifs

Instruction sur l'ère de la République et sur la division de l'année, première partie « les motifs qui ont déterminé le décret ». ADHG, 1 L 330 pièce 16 p. 6-7
Vue 1 sur 2
 
Instruction sur l'ère de la République et sur la division de l'année, première partie « les motifs qui ont déterminé le décret ». ADHG, 1 L 330 pièce 16 p. 8-9
Vue 2 sur 2

La Révolution veut modifier l’organisation politique et sociale du royaume. Dès 1790, un nouvel ordre administratif (83 départements sont créés), judiciaire et militaire est lancé. Cette rupture avec le passé est marquée, par exemple, par le changement de calendrier.
En effet, le calendrier grégorien est contesté pour son aspect religieux ; il devient une cible de la politique de déchristianisation voulue par la Convention.

Le décret de la Convention n°1838 (du 4 frimaire an II) précise dans l’exposé de ses motifs cette attaque antireligieuse ainsi que la coïncidence événementielle entre la proclamation de la République (22 septembre 1792) et le premier jour de l’automne pour faire rétroactivement démarrer le nouveau calendrier ce jour-là (22 septembre 1792, Ier vendémiaire an I).

Il revient au poète audois Philippe Fabre (1750-1794), dit Fabre d’Eglantine (à la suite de sa victoire aux Jeux Floraux de Toulouse qui lui décerne en 1771 un lys d’argent, qu’il va transformer en « églantine ») de participer activement à la création du nouveau calendrier.

Lecture du calendrier

Décret de la convention nationale du 4e frimaire de l'an II, détail de l'article IX : liste des mois, classés par saisons. ADHG, 1 L 330 pièce 16 p. 3.
   
Annuaire ou calendrier pour la seconde année de la République française : détail des jours du mois de germinal. ADHG, 1 L 330 pièce 16 p. 38.
Annuaire ou calendrier pour la seconde année de la République française : détail des jours du mois de germinal. ADHG, 1 L 330 pièce 16 p. 39.

Le calendrier révolutionnaire se fonde sur les saisons.
Automne : mois dont le nom se termine en « -aire » : Vendémiaire, Brumaire, Frimaire
Hiver : mois dont le nom se termine en « -ôse » : Nivôse, Pluviôse, Ventôse
Printemps : mois dont le nom se termine en « -al » : Germinal, Floréal, Prairial
Eté : mois dont le nom se termine en « -or » : Messidor, Thermidor, Fructidor
Chaque mois a trente jours et est divisé en trois décades de dix jours. Ces jours sont nommés selon leur ordre numérique (primedi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi, nonidi, décadi). Il y a cinq jours complémentaires (dits « Sanculotides ») en fin d’année.

La liste des saints et saintes de l’Eglise est remplacée par des noms d’animaux (5e, 15e et 25e jours), d’outils (10e, 20e et 30e jours) ou de végétaux (le reste).


Conversion entre " l'ancien style " et le " nouveau style "

Table de concordance entre le calendrier grégorien et le calendrier révolutionnaire pour les années 1793 et 1794. ADHG, 1 L 330 pièce 16 p. 55.
   

Afin de faciliter le passage du repère chronologique « ancien style » (calendrier grégorien) au « nouveau style » (calendrier révolutionnaire), une table de concordance s’avère nécessaire. En voici un exemple, établi pour les années 1793-1794 (on peut effectuer maints exercices de conversion de date).

Cependant, le calendrier révolutionnaire ne va pas réussir à s’imposer dans la vie quotidienne. Il reste officiellemenent en vigueur tout au long de la Révolution sans s’imposer dans les esprits et les habitudes. Napoléon décide donc de l’abandonner par décret du 22 fructidor an III (9 septembre 1805) à partir de 1806. Le retour au calendrier grégorien est effectif le 1er janvier 1806 (11 nivôse an XIV). Signe que le poids des habitudes, des repères culturels et des pratiques sociales peut être plus fort que la volonté de vouloir tout changer au nom de la « régénération ».

D' autres changements

Il y en a eu de provisoires, comme les changements de certains noms de villes et villages. Ainsi, en Haute-Garonne :

  • Saint-Clar-de-Rivière devient Plaisance-d’En Cataly,
  • Saint-Gaudens devient Mont-Unité,
  • Saint-Béat devient Entremont,
  • Saint-Sulpice-sur-Lèze devient Libre-Lèze.

Le système métrique

Sous l'Ancien Régime existait un système de poids et mesures d'une complexité inextricable, variant d’une région à l'autre, parfois même d'un village à l’autre. Le 8 mai 1790, l'Assemblée Constituante demanda à une commission de l'Académie des Sciences l'établissement d'un nouveau système, unifié et compréhensible de tous.

Le 1er août 1793, la Convention adopte le mètre comme unité de longueur, le mètre étant alors défini comme le quart de la dix-millionième partie du méridien terrestre (1 mètre = ¼ 10-7 méridien) : le référent commun choisi est donc le globe terrestre. Des mesures très précises le long de la ligne Dunkerque-Barcelone furent effectuées pour établir concrètement la valeur du mètre et, dans un esprit universaliste, le système de mesures ainsi déduit va être dédié « à tous les hommes et à tous les temps ».

Multiples et sous-multiples du mètre vont être définis en fonction du système décimal (préfixes en grec – déca, hecto, kilo... - pour les multiples, préfixes en latin - déci, centi, milli... - pour les sous-multiples). Le principe du système décimal est adopté par la Convention le 7 avril 1795, qui rend obligatoire ce nouveau système de poids et mesures (rappel : 1 kg équivaut à la masse d’un cube d’eau de 10 cm d'arête, à Paris, dans les conditions normales de température et de pression).
Plusieurs étalons de référence en marbre furent faits pour concrétiser la nouvelle unité de mesure.

Annexe :

Document intégral : Décret de la convention nationale du 4e frimaire de l’an II instaurant le calendrier révolutionnaire. ADHG, 1 L 330 pièce 16. (52 M°)

Calendrier mettant en correspondance le calendrier dit « grégorien » et révolutionnaire.

 

Fichiers images a décompresserTélécharger le dossier complet (62 Mo)

haut de page

ad31 - mentions légales